Un déshumidificateur à compresseur contient un circuit fermé rempli de fluide frigorigène. Ce fluide est rarement mis en avant dans les fiches produit, alors qu’il pèse sur l’impact climatique de l’appareil. Il compte aussi dans les précautions d’usage. Cette page explique la différence entre le R290 et les fluides fluorés de type HFC. Elle indique quelles données chercher sur la fiche technique et comment en tenir compte pour une pièce précise. Les valeurs chiffrées viennent des fiches des fabricants. Le reste est notre analyse, signalée comme telle.
Le rôle du fluide frigorigène dans un déshumidificateur
Dans un appareil à compresseur, le fluide circule en boucle fermée. Il refroidit une batterie sur laquelle la vapeur d’eau de l’air se condense, puis il cède sa chaleur à une seconde batterie qui réchauffe l’air avant son rejet. L’eau récupérée tombe dans le réservoir ou part par le tuyau de vidange. Le fluide ne se consomme pas : il reste dans le circuit pendant toute la vie de l’appareil, tant que celui-ci reste étanche.
Pour l’acheteur, ce fluide a deux conséquences. La première concerne l’environnement : certains fluides ont un potentiel de réchauffement planétaire (PRP) élevé s’ils s’échappent, d’autres un PRP très faible. La seconde concerne la sécurité et la manipulation : tous les fluides ne se comportent pas de la même manière, notamment face au feu. Pour la technologie elle-même, la page Compresseur ou dessiccation détaille les cas où un autre principe de fonctionnement se justifie.
R290 et fluides fluorés : deux familles de fluides
Les HFC sont des mélanges de fluides fluorés. Ils ont longtemps été courants en climatisation et en déshumidification. Le R290 est du propane, un hydrocarbure naturel. D’après les fiches des modèles qui l’indiquent, le R290 est associé à un PRP de 3, par exemple sur le Trotec TTK 122 E, ce qui est très bas.
Pour un fluide fluoré, la fiche du Trotec TTK 105 S indique le type R-410A, un PRP de 3 et une charge de 125 g. Ce chiffre de PRP est identique à celui des modèles au R290, ce qui est surprenant pour un HFC. Notre analyse : il s’agit peut-être d’une erreur de saisie ou d’une valeur exprimée dans une autre unité. Si ce critère compte pour vous, demandez la valeur de PRP au fabricant ou lisez la plaque signalétique de l’appareil avant d’acheter. Ne vous fiez pas à ce seul chiffre.
Le point de vigilance du R290 est qu’il est inflammable. Les fabricants prévoient donc des charges limitées, des consignes d’installation et de stockage dans la notice. Ces consignes figurent dans le manuel du produit, pas dans notre catalogue : lisez-les avant la première mise en service.
La quantité de fluide : ce que montrent les fiches
Pour les modèles qui publient cette donnée, la charge varie selon la taille de l’appareil. Le Trotec TTK 53 E contient 55 g de R290. Le TTK 54 E en contient 75 g, le TTK 52 E 85 g et le TTK 75 E 86 g. Le TTK 96 E est donné pour 100 g, le TTK 122 E pour 96 g et le TTK 140 S pour 150 g. Le TTK 171 ECO, qui est le plus lourd de cette série avec 40 kg, est annoncé avec 230 g.
Notre lecture : la charge ne suit pas strictement la capacité de déshumidification. Elle dépend de la conception du circuit. Comparer les grammes d’un modèle à l’autre n’a de sens qu’avec une capacité et un usage proches. Un appareil de petite pièce comme le TTK 52 E, donné pour 31 m² recommandés, n’a pas le même rôle qu’un modèle de chantier.
Ces fiches Trotec indiquent aussi une plage de fonctionnement. Le TTK 52 E précise une température minimale de 5 °C et une température maximale de 32 °C. En dessous de la valeur minimale, l’appareil n’est pas conçu pour fonctionner. Cela concerne les caves et les garages, traités dans la page sur les pièces froides.
Comment repérer le fluide sur une fiche produit
Cherchez d’abord la mention du type de fluide, sous la forme d’un code commençant par R, comme R290. Sur de nombreux modèles de notre catalogue, cette information n’est pas publiée de façon uniforme : seuls certains appareils de la marque Trotec l’affichent avec la quantité et le PRP. Pour les autres, nous ne pouvons pas affirmer quel fluide est utilisé, et nous préférons ne pas le deviner.
Si l’information manque, trois pistes sont possibles. Vous pouvez consulter la notice téléchargeable sur le site du fabricant. Vous pouvez regarder l’étiquette de l’appareil, qui mentionne le fluide et sa charge. Vous pouvez enfin poser la question au vendeur avant la commande. C’est un critère raisonnable si vous cherchez à limiter l’impact climatique, et il est simple à vérifier.
Notre catalogue regroupe les modèles qui indiquent le R290 sur la page Déshumidificateurs au fluide R290. Vous y trouverez leurs capacités, leurs surfaces recommandées et leurs puissances côte à côte.
Le fluide ne remplace pas les autres critères de choix
Le choix du fluide vient après le dimensionnement. Un appareil trop faible pour la pièce tourne en continu, consomme davantage et sèche mal, quel que soit son fluide. Commencez donc par la surface et l’humidité de la pièce, avec le calculateur de capacité ou la page choisir selon la surface.
Prenons deux exemples tirés des fiches. Le Trotec TTK 52 E est donné pour 16 L/jour de déshumidification, avec 300 W de puissance et un poids de 10 kg. Il vise une pièce moyenne. Le Trotec TTK 122 E annonce 40 L/jour, un réservoir de 8 L et 30 kg sur la balance, avec une puissance de 750 W. Il vise un grand volume. Dans les deux cas, le R290 est indiqué par le fabricant, et c’est la pièce à traiter qui décide du modèle.
Pensez aussi à la manutention. Un appareil de grande capacité est lourd à déplacer, ce qui se vérifie dans la page poids et dimensions. Côté électricité, la fiche du TTK 52 E recommande une protection par fusible de 10 A. Celle du TTK 171 ECO recommande 16 A. La page consommation et protection explique comment en tenir compte.
Précautions d’usage et fin de vie
Quel que soit le fluide, ne percez jamais le circuit et n’ouvrez pas l’appareil. Un fluide qui s’échappe nuit à l’environnement, et avec un hydrocarbure, il présente aussi un risque d’inflammation. Transportez l’appareil en position verticale et suivez la notice pour le rangement.
En fin de vie, un déshumidificateur ne va pas à la poubelle ordinaire. Il se rapporte en magasin lors d’un achat neuf ou dans une déchetterie, afin que le fluide soit récupéré. Cette règle vaut pour le R290 comme pour les fluides fluorés. L’entretien courant du réservoir, du filtre et de la vidange est décrit dans le guide d’entretien.
Questions fréquentes
Le R290 est-il plus écologique que les fluides fluorés ?
Les fiches Trotec des modèles au R290 indiquent un PRP de 3 pour le TTK 122 E. Le R290 est du propane, un hydrocarbure naturel, alors que les HFC sont des mélanges de fluides fluorés. Notre analyse : en cas de fuite, le R290 pèse donc moins sur le climat. La fiche du TTK 105 S affiche pourtant un PRP de 3 pour un fluide de type R-410A, ce qui paraît incohérent. Faites vérifier cette valeur auprès du fabricant.
Un déshumidificateur au R290 est-il dangereux chez soi ?
Le R290 est inflammable, c’est pourquoi les fabricants limitent la charge et fournissent des consignes dans la notice. Pour le TTK 53 E, la fiche indique une charge de 55 g. En usage normal, l’appareil est conçu pour fonctionner en sécurité si l’on respecte la notice. Ne l’ouvrez pas, ne percez pas le circuit et suivez les consignes de transport et de rangement.
Comment savoir quel fluide contient mon futur appareil ?
Regardez la fiche technique, la notice du fabricant ou l’étiquette de l’appareil, qui mentionnent le type et la quantité de fluide. Dans notre catalogue, cette donnée n’est publiée que pour certains modèles. Si elle manque, demandez-la au vendeur avant l’achat plutôt que de la supposer.
